RSE : les entreprises devraient valoriser les « transféreurs »

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RSE : les entreprises devraient valoriser les « transféreurs »

Ceux que l’on appelle les « transféreurs » sont des praticiens de l’écologie au travail. Alors que les jeunes générations sont en quête de sens dans leur travail, certains n’hésitent pas à importer sur leur lieu de travail les pratiques écologiques qu’ils ont à leur domicile. Plutôt que de les stigmatiser, les entreprises seraient bien inspirées de leur permettre de développer ces pratiques au travail.

On appelle cela le « blurring », en bon français ; un phénomène qui s’accélère dans tous les pays, comme le dévoilait le baromètre Ipsos Edenred, et qui dévoile ce que chacun de nous a remarqué : les frontières entre vie privée et vie professionnelle tendent à disparaître – elles sont brouillées. Comme le fait remarquer un article de The conversation, « les nouvelles générations aspirent à davantage de cohérence entre leurs valeurs et pratiques personnelles, et celles qu’ils portent par leur travail. » Plus question d’accepter n’importe quel travail, de perdre sa vie dans des bullshit jobs, comme on dit encore dans la langue de Molière – comprenez, des emplois bidons. Nos modes de vie ont évolué et l’on accepte de moins en moins de séparer vie professionnelle et vie personnelle, de pratiquer une sorte de schizophrénie qui nous fait être écolo à la maison, surconsommateur au travail. C’est pourquoi, certains ont à cœur d’apporter leurs pratiques personnelles, respectueuses de l’environnement, au travail, et de les faire partager. Ce sont ceux que l’on désigne sous le nom de « transféreurs ».

Mieux-être au travail

Comme nous l’apprend l’article de The conversation, « c’est la recherche d’un mieux-être au travail qui reste la première raison d’agir chez la plupart de ces transféreurs. Il s’agit pour eux de réduire le décalage vécu entre leur vision d’un monde (« qui ne peut pas continuer comme cela ») et leurs pratiques au travail (« qui font comme si de rien n’était »). »

On ne supporte plus de prêcher une chose et de faire son contraire ; de respecter l’environnement et de tâcher de réduire son empreinte carbone dans tous les gestes du quotidien, et de contribuer à une forme de gaspillage général dans une entreprise, au prétexte que personne ne serait responsable. C’est incohérent, et ces jeunes-gens ont raison. « Par ailleurs, on trouve chez ces transféreurs le souhait de favoriser des relations professionnelles plus conviviales, dont les pratiques environnementales peuvent être un vecteur. »

Les entreprises doivent valoriser ces initiatives

Plutôt que de souhaiter tout diriger du sommet jusqu’à la base, les entreprises seraient avisées de soutenir et de mettre en lumière les initiatives personnelles des transféreurs qui ne souhaitent rien moins que les imposer aux autres, mais les partager avec ceux qui le souhaitent. Du compost au potager partagé entre collègues ; de l’attention portée au non-gaspillage énergétique jusqu’à la limitation de l’usage de gobelets en plastique jetables, il peut s’agir de gestes simples qui, rapidement, contaminent un grand nombre de collègues. C’est ainsi que certains redonnent un sens à leur travail ; qu’ils s’y sentent mieux, étant peu ou prou « comme à la maison ». Et l’on sait que lorsque l’on se sent mieux dans son travail, on y est plus productif.

« Les transféreurs parviennent assez souvent à agréger autour d’eux un petit groupe de salariés volontaires intéressés par le développement durable. » Cela ne peut néanmoins pas aller très loin dans le cas où la hiérarchie ne leur apporte pas son soutien. Or, les lourdeurs administratives et hiérarchiques dans les entreprises sont connues. C’est pourquoi la solution est peut-être d’utiliser cette force agissante et déjà active pour en faire un moteur de programmes à mettre en œuvre dans une véritable politique de RSE. Faut-il donc former des coaches en RSE pour identifier les transféreurs et encourager les bonnes pratiques en entreprise ? Il semblerait que oui.