La RSE s’impose, avec ou sans la loi Pacte

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La RSE s’impose, avec ou sans la loi Pacte

La RSE s’impose, avec ou sans la loi Pacte

Que les sénateurs aient rejeté l’article de la loi Pacte sur la croissance et la transformation des entreprises qui devait consacrer la RSE et ouvrir la possibilité aux entreprises qui le souhaitent d’inscrire leur raison d’être dans leurs statuts, ne changera pas le mouvement qui est en cours. La plupart des salariés plébiscitent la RSE, comme le montrent les études les plus récentes.

Le Centre des Jeunes Dirigeants est vent debout contre le rejet de l’article de la loi Pacte qui devait « inciter les dirigeants à inscrire leur intérêt social et sociétal dans les missions de l’entreprise. » Ils estiment que c’est une décision « très grave ». Ils dénoncent une certaine vision de l’entreprise qui ne serait « qu’un agent économique qui doit produire des biens et services. »

Cependant, il faut tout d’abord relever que la loi n’est pas encore votée ; que les discussions ne sont pas terminées ; qu’une commission mixte paritaire doit avoir lieu et que le gouvernement devrait faire tout ce qu’il peut pour faire adopter cet article de loi. Surtout, il faut bien avoir à l’idée que nous sommes là devant un changement majeur de la société et que – loi ou pas – la RSE est devenue un enjeu véritable, et une attente impatiente des collaborateurs.

Un nouveau devoir pour les entreprises

Selon la dernière étude menée par le cabinet Deloitte, l’entreprise sociétale prend un nouvel essor. « Les résultats financiers seuls ne suffisent plus, l’entreprise doit maintenant s’intéresser à son impact social et sociétal. En effet, 70% de nos répondants estiment ces sujets comme importants. Cette autre façon d’évaluer une entreprise n’est pas uniquement le fait du développement d’une conscience collective mais aussi d’une réflexion rationnelle économique (…) Les organisations doivent donc intégrer ces changements et se transformer en entreprises sociétales : une organisation se souciant autant de ses résultats financiers que de son empreinte sur son écosystème et qui est en capacité de collaborer fortement à tous les niveaux. »

Pourtant, selon cette même étude, seules 20% des entreprises inscrivent la responsabilité sociale comme priorité dans leur stratégie d’entreprise, alors que 88% d’entre elles misent sur le bien-être de leurs salariés. Ce qui est positif, mais insuffisant. Les collaborateurs veulent aussi que l’entreprise pour laquelle ils travaillent ait un impact bénéfique sur son écosystème.

Une attente générale des salariés

Selon le Baromètre RSE Ekodev, 48% des salariés ignorent qui est en charge de la RSE au sein de leur entreprise, et jusqu’à 60% chez les non-managers. Le baromètre nous apprend également qu’à peine 15% des employés sont impliqués dans la stratégie RSE de leur entreprise, alors que 70% désireraient l’être davantage et que 33% aimeraient avoir une vraie formation sur le sujet. Ils estiment que cela leur permettrait de comprendre les besoins et les actions de leur entreprise sur ces sujets et qu’ils pourraient ainsi progresser.

L’étude du cabinet Korn Ferry menée sur l’engagement des employés démontre, elle, que 73% des salariés français sont déçus que leur entreprise ne leur propose pas de façon de s’engager. Cette même étude démontre que les salariés qui ont la possibilité de profiter d’initiatives de la part de leur entreprise pour s’engager (auprès d’une association, dans le mécénat de compétences, etc) en sont globalement plus fiers. Ils sont également plus épanouis et plus près d’adhérer aux valeurs et à la culture de leur entreprise.

Cercle vertueux

Ce mieux-être en entreprise, la fierté d’en être bénéficient à la performance de l’entreprise tout entière et également à attirer les talents. 83% des salariés engagés dans une initiative mise en place par leur entreprise recommanderaient leur employeur, apprend-on encore dans l’étude menée par Korn Ferry.

De la même manière, nous savons que 65% des Français décident d’adopter ou de boycotter une marque d’après ses prises de position sociales, sociétales ou environnementales. Cela, parmi toutes les classes d’âge et dans toutes les classes sociales. Et les Français seraient même majoritairement prêts à plébisciter une communication des entreprises sur leurs actions jusque dans leurs points de vente.

Last but not least, 55% des collaborateurs estiment que l’engagement social ou environnemental d’une entreprise est un critère plus important que le salaire.

La révolution RSE est en marche !