De grands entrepreneurs s’engagent pour la RSE

La responsabilité sociétale est le destin des entreprises. C’est ce qu’affirment dans Les Echos quatre grands dirigeants qui s’engagent à aller plaider cette cause lors du forum Day One à Monaco. Le train est en marche, ne nous contentons pas de le regarder passer. Entrepreneurs, prenons à cœur nos responsabilités sociétales !

Isabelle Kocher, directrice générale d’Engie, Jean-Dominique Senard, P-D.G. de Michelin, Bertrand Badré, P-D.G. de Blue Orange Capital et Denis Jacquet, fondateur de Day One et président de l’Observatoire de l’ubérisation ont signé une tribune pour appeler les entrepreneurs à endosser leur responsabilité sociétale.

Constatant que l’entreprise, si elle n’a pas pour fonction première l’intérêt général, n’est pas non plus tenue de s’en désintéresser (« Une entreprise ne naît pas pour servir l’intérêt général. Mais rien ne doit l’empêcher d’y contribuer. »), ces grands dirigeants d’entreprise plaident pour une responsabilité commune. Car après tout, même si cela peut sembler une lapalissade, le monde étant à tous, nous avons tous le devoir de nous en préoccuper. Grandes entreprises comme PME, ont toutes des responsabilités vis-à-vis de l’environnement, du bien-être, de l’écologie et c’est là que sont leurs premiers intérêts. « Nous sommes convaincus que le modèle traditionnel de l’entreprise, uniquement soucieuse des intérêts de ses actionnaires, fût-ce au détriment de l’intérêt général, court à sa perte. » Il est temps de révolutionner notre vision de l’entreprise.

L’entreprise et le bien commun

« Conflits, troubles environnementaux et climatiques : notre modèle de développement n’est pas durable et s’effrite. Nous sommes convaincus que, pour le réparer, l’entreprise doit jouer un rôle plus fort, pour la société, bien au-delà de ses publics naturels. » Le deuxième constat des quatre entrepreneurs est que l’Etat ne peut pas tout et que les Etats sont même bien souvent dépassés. Etant « en panne de vision et de moyens », disent-ils, c’est à l’entreprise de jouer son rôle et à elle de montrer qu’elle n’est pas opposée au bien commun, mais qu’au contraire, elle en est véritablement soucieuse. Il en va non seulement de l’image parfois écornée de l’entreprise dans l’opinion publique mais également de l’avenir d’un monde que nous avons en partage. Si les entreprises ont parfois mauvaise presse, c’est à cause d’écarts de richesse trop importants qui se creusent entre une élite et le peuple. C’est que certains préfèrent contenter leurs actionnaires ou leur propre intérêt au détriment du bon fonctionnement de l’entreprise, de leurs salariés ou de l’investissement dans de nouveaux outils plus vertueux, mais cette pratique est dépassée. Ne pas regarder comme le monde évolue et avance, comme il tourne et – parfois – mal, c’est obérer l’avenir de son entreprise, le sien propre, celui de ses semblables, de ses enfants. Chacun, à sa place, doit se responsabiliser.


Le temps d’agir

Si les Etats venaient à faire faillite, les fonds s’y substitueraient et choisiraient d’investir dans les entreprises à l’impact positif sur les hommes et sur la planète, estime Larry Fink, P-D.G. de Black Rock. Par ailleurs, les Etats apportent leur aide plus favorablement aux entreprises qui œuvrent au bien commun et qui s’investissent dans une démarche environnementale positive qu’à celles qui ne le font pas. C’est le sens de l’histoire et l’on ne peut s’y soustraire. En France, la loi évolue et si les entreprises cotées en bourse sont déjà soumises à une obligation de bilan RSE, il serait préjudiciable aux autres de chercher à s’en passer. « L’avenir de toutes les entreprises, et pas seulement celles du secteur social et solidaire, réside dans l’harmonie entre performance économique et durabilité sociétale et environnementale. Seules celles qui auront à cœur de contribuer à réparer les fractures de notre société bénéficieront d’une croissance durable. » Face aux problématiques climatiques, sociales et environnementales, les entreprises ne peuvent pas laisser les Etats seuls gérer les crises. Elles ont leur rôle à jouer et leur part de responsabilité à assumer.